Blade 2: le retour
BLADE II
* 2002 - USA (Aussi titré : Blade 2: Bloodhunt ou Blade 2: Bloodlust)
* Réalisation : Guillermo del Toro
* Avec Wesley Snipes, Kris Kristofferson, Norman Reedus, Leonor Varela, Ron Perlman, Luke Goss, Daz Crawford, Matt Schulze, Donnie Yen, Karel Roden...
Vous vous souvenez de Blade, heros du film techno/kung fu/vampire eponyme de Stephen Norrington avec Wesley Snipes ? Eh bien, il est de retour, plus poseur et exterminateur que jamais. Car ce n'est pas sans raison que nous l'avions laissé en Russie a la fin du premier opus. Non, il cherchait déjà a y retrouver son mentor, Whistler (Kris Kristofferson), qu'on croyait décédé, en fait retenu prisonnier par les seigneurs de la nuit.
Quand commence ce nouveau film, c'est en Europe de l'est que Blade cherche toujours son maître. C'est cependant après l'avoir délivré que le Daywalker va se voir proposer le plus étrange des marchés : s'allier a ses ennemis de toujours: les vampires!
En effet, la transmission du virus vampire vient de connaitre une mutation, et de se trouver un nouveau porteur. Désormais des créatures plus dangereuses et plus prédatrices que jamais hantent la ville, s'attaquent aux vampires eux-mêmes, et le fléau ne cesse de gagner en puissance. Le vieux maître vampire qui règne sur la communauté des buveurs de sang propose donc a Blade de combattre cet ennemi commun, afin d'enrayer une menace qui chaque jour parait plus difficile a endiguer. Bon gré mal gré, notre superheros à la "cool attitude" va donc se retrouver a la tête du Commando Hemoglobine, une escouade de tueurs d'élite anciennement destinée à le traquer, pour partir en chasse...
Si vous êtes une âme sensible et que les films d'action vous rebutent, passez votre chemin. Car ce n'est ni plus ni moins qu'a une séquelle conçue sur le modèle d'Aliens que nous avons affaire ici : des ennemis démultipliés et encore plus méchants face a une bande de barbouzes armés jusqu’au dents et surentrainés à toutes les techniques de combat (la ressemblance avec Aliens est même poussée au point de reproduire le couple Drake/Vasquez). Et c'est un festival de bataille pendant deux heures non-stop, particulièrement violent et gore, visuellement somptueux (imaginez les tueries de vampires dans Buffy, mais sans les contraintes de censure dues a la télé), dont on sort hagard mais ravi. A la mise en scène, Norrington passe le flambeau a Guillermo del Toro (dont vous pourrez voir le sublime El Espinazo del Diablo, appartenant a sa veine fantastique plus "auteurisante") qui s'éclate manifestement avec ce film de commande, dans lequel il a pourtant l'intelligence de payer son tribut au genre, mêlant imagerie classique (les décors tchèques abondent en ambiances gothiques, cryptes, églises, tunnels, etc., le look des neo-vampires et du vieux maitre sortent tout droit de chez Murnau) et revisitation moderne du vampirisme (des chasseurs de super-vampires, eux-memes vampires, tout droit sortis de chez Carpenter). Il honore tout aussi brillament les scènes "obligatoires", qui font a present partie de la franchise du personnage (encore une incroyable sequence de boite de nuit, pimentée de visions perverses a la Clive Barker, les gadgets de Blade) et s'offre a nouveau les services du toujours genial Ron Perlman, déjà dans Cronos, dans un rôle d'anthologie quoique influence par sa prestation d'Alien Resurrection. Ajoutez enfin la presence de Mike Mignola comme consultant visuel (le prochain film de Del Toro, c'est l'adaptation d'Hellboy !) et une bonne musique symphonique de Marco Beltrami qui delaisse ses habituels synthes de Scream, et vous comprendrez que ce film est en tout point recommandable. Certes, d'aucuns pourront se plaindre que le scénario est un peu sacrifié sur l'autel de l'action a tout va, mais c'est faire la fine bouche face a un pur film de superheros qui ne relache jamais la pression et qui n'a d'autre ambition que d'estomaquer le spectateur et d'etre jubilatoire de bout en bout. Il n’y a qu’un mot a dire pour le décrire: génial.