Grand Prix de Malaisie
Après l'Australie, la Malaise a offert un nouveau scénario échevelé, dimanche. Les rebondissements se sont succédés du premier au dernier tour dans la fournaise de Sepang où Kimi Räikkönen a fait triompher sa McLaren devant la Ferrari de Rubens Barrichello. Qualifiés 7e et 5e sur ces autos datant de 2002, ces deux là ont bien été les seuls à ne rencontrer aucun problème dans leurs remontées vers les belles places.
Tout d'abord, le départ a été marqué par un premier accrochage dont s'est rendu coupable Michael Schumacher à l'endroit de Jarno Trulli, au deuxième tournant. Le quintuple champion du monde de Ferrari, qui a vu une ouverture imaginaire, a dû faire changer son aileron avant puis a été puni par un "drive through", passage au ralenti dans la voie des stands. Jeté dans le décor, l'Italien a lui arraché la 5e place à Jenson Button (BAR) dans le dernier des 58 tours.
Juan Pablo Montoya avait croisé le chemin de Schumi au premier freinage en 2002 et y avait laissé ses chances de victoire. Cette fois, un débutant, Antonio Pizzonia (Jaguar), l'a embouti dans une fougueuse escalade. Après réparation, le Colombien avait deux tours de retard.
Tous ces événements ont semé une jolie pagaille dans le classement sans toutefois perturber Fernando Alonso (Renault), qui a transformé sa pole position pour ouvrir la route jusqu'à son premier ravitaillement. Diminué par une fièvre, l'Espagnol a superbement mené, devant Coulthard (McLaren), le vainqueur de Melbourne, vite réduit à l'abandon. Nick Heidfeld (Sauber) a alors pris le relais, jusqu'à se faire gober par Kimi Räikkönen (McLaren), Heinz-Harald Frentzen (Sauber), Jenson Button (BAR), Rubens Barrichello (Ferrari) et Ralf Schumacher (Williams), revenu de la 17e à la 7e place, étant les autres hommes en vue.
Le véritable tournant de la course a eu lieu au premier ravitaillement d'Alonso, lorsque l'on s'est aperçu que Räikkönen avait une belle marge dans son réservoir et sous la pédale. Mais le Finlandais a fait preuve d'un sacré panache par la suite, lâchant irrésistiblement Alonso puis Barrichello, ressorti devant l'Espagnol de Renault après le second pit stop. Ce dernier a terminé privé de 5e rapport mais a pu offrir son premier podium à Renault depuis le Grand Prix de Saint-Marin 1985, signé Patrick Tambay.
Les trois premières places attribuées avec limpidité, le panneauteur de McLaren a supplié son flamboyant leader de ralentir en affichant "Easy", et Ron Dennis commencé à pleurer d'émotion en assistant à cet avènement. Pendant ce temps, la lutte faisait rage pour les accessits. Catastrophique aux essais, Ralf Schumacher a sauvé les apparences de Williams, 4e devant Jarno Trulli, qui a vécu une fin de course stressante, à batailler pour faire sauter le bouchon Button (BAR), résister à Schumi et se remettre d'un tête-à-queue.
A cette bataille Olivier Panis aurait peut-être pu prendre part si sa Toyota ne l'avait à nouveau lâché prématurément.
Source : tf1.fr